Le pouvoir de la cristallisation : l’engrais est dans le lac salé
Dans l’Eldorado minier de l’Australie-Occidentale, la puissance des rayons du soleil permettra bientôt d’extraire du sulfate de potassium (SOP), un engrais essentiel à la nutrition des plantes, à partir du Lake Way, très riche en minéraux. La toute première usine de traitement du pays, mise en service par Salt Lake Potash Limited – ou SO4 –, se dote d’une technologie Veolia pour produire du SOP.
En Australie-Occidentale, dans la région des champs aurifères du nord, Veolia joue un rôle de premier plan pour développer la production d’engrais riche en potassium, grâce à sa technologie de cristallisation. De par ses caractéristiques chimiques, le Lake Way est parfaitement adapté à la production de SOP, un potassique de première qualité, le potassium étant l’un des trois nutriments essentiels à la croissance des plantes. « Le principal avantage du SOP est qu’il ne contient pas de chlorure, déclare Tony Swiericzuk, directeur général de SO4. Le terme potasse fait généralement référence au KCL (chlorure de potassium), engrais de référence pour la fertilisation, mais mal toléré par les sols pauvres et arides d’Australie, de Méditerranée, d’Afrique et du Moyen-Orient. Tout comme par certaines cultures de rente – fruits, baies, noix et agrumes –, car il affecte le goût et la couleur. »
Le Lake Way est parfaitement adapté à la production de SOP, un potassique de première qualité, le potassium étant l’un des trois nutriments essentiels à la croissance des plantes.
Un lac riche en potassium
Le Lake Way est un aquifère de saumure peu profond, sous une surface sèche de lac salé. Depuis des millions d’années, les minéraux extraits du bassin versant du lac s’y écoulent. D’où sa richesse particulière en potassium, prête à être exploitée. « Le processus technologique utilisé ici consiste à percer un accès jusqu’à des paléochenaux (cours d’eau fossiles) peu profonds dans le lac pour extraire la saumure, ajoute Tony Swiericzuk. Celle-ci s’écoule par un réseau de tranchées de 65 km de long, qui sera étendu à 95 km à terme. Elle s’infiltre dans ces tranchées qui lui servent de moyen de transport puis s’écoule progressivement vers des puisards, autour des bacs d’évaporation, qui la pompent ensuite vers les bassins. Pendant plusieurs mois d’acheminement de la saumure vers les bassins et les cellules en aval, l’eau s’évapore grâce à l’action du soleil, et sa concentration augmente progressivement. » Au final, la majorité des sels contaminants – soit le chlorure de sodium (NaCl) –, est éliminée pour ne laisser que la matière première. Il lui reste encore à franchir diverses phases pour éliminer d’autres minéraux contaminants et pour être enrichie, avant de passer à l’étape de cristallisation. C’est là qu’intervient Veolia.
Veolia disposait d’une solide expertise quant aux caractéristiques de solubilité, de dissolution des sels et dans tous les domaines où l’entreprise s’est forgé une réputation dans la cristallisation, explique Tony Swiericzuk, PDG de SO4.
La technologie de cristallisation de Veolia
À l’issue d’une compétition de haut vol, Veolia a été sélectionné par SO4 pour fournir l’usine de SOP. Grâce à technologie exclusive de cristallisation HPD® de Veolia, la solution saturée est transformée en cristaux hydrosolubles prêts à être conditionnés et commercialisés. « Pour convertir les sels récoltés en SOP de qualité supérieure, Veolia a conçu deux cristalliseurs HPD®. Un pour cultiver et purifier les cristaux de sulfate de potassium, un autre pour produire des sels de Schoenite secondaires, récupérés à partir de l’eau-mère1 de SOP recyclée. Ces sels sont ensuite combinés aux sels de Schoenite primaires et ajoutés au cristalliseur de SOP pour maximiser le rendement en potassium », indique Jim Brown, vice-président exécutif de Veolia Water Technologies Americas.
« Veolia disposait d’une solide expertise quant aux caractéristiques de solubilité, de dissolution des sels et dans tous les domaines où l’entreprise s’est forgé une réputation dans la cristallisation, explique Tony Swiericzuk. Ils ont surpassé leurs concurrents avec des tests de solubilité à Chicago et ont déterminé les conditions du processus pour maximiser la récupération du produit. Au cœur du processus, le cristalliseur HPD® est essentiel à la qualité globale de la production puisqu’il modélise notre produit final. » SO4 met les bouchées doubles pour être opérationnel fin mai 2021, les ventes d’engrais devant commencer dans la foulée. L’objectif : livrer 245000 tonnes de SOP par an en production régulière.
Ventes mondiales de SOP
Partenaire de six distributeurs, Salt Lake Potash Ltd projette d’exporter 92 % de sa production dans 60 pays, les 8 % restants étant réservés aux transactions au comptant et au marché domestique. « Un complément bienvenu pour l’Australie qui importe la quasi-totalité de son SOP (par bateau) de Belgique et d’Allemagne,
et doit faire face à une augmentation de la demande de 3 à 4 % chaque année. Surtout, cette nouvelle source de SOP joue la proximité, donnée importante pour les clients d’Asie du Sud-Est et d’Australie. Bien que tout l’accent soit actuellement mis sur l’achèvement du projet Lake Way, Tony Swiericzuk a l’ambition d’introduire la technologie de cristallisation dans d’autres lacs de la région exploités par SO4. Il explique : « Nous disposons de neuf lacs dans la région de Goldfields et je pressens que cette région peut devenir bientôt la référence mondiale en la matière, en tant que fournisseur officiel de cet engrais organique de qualité supérieure. »
Dans quelques semaines, SO4 va produire son engrais à partir du Lake Way. De quoi manger très prochainement agrumes, baies ou noix fraîches et savoureuses, qui ont poussé grâce à l’engrais SOP du Lake Way !